Yaa Asantewaa guerre tabouret or, c’est l’histoire d’une femme de soixante ans qui s’est levée pour défendre l’âme de toute sa nation quand les hommes tremblaient.
Au tournant du XXe siècle, sur les terres majestueuses de l’actuel Ghana, elle a prouvé que la résistance n’a pas d’âge.
Rapprochez-vous. Voici la mère protectrice qui a pris les armes quand personne n’osait.
Quelle est l’histoire de Yaa Asantewaa ?
Née vers 1840, Yaa Asantewaa n’était pas seulement une dirigeante politique c’était aussi une agricultrice prospère et une intellectuelle respectée.
Elle fut désignée Reine Mère de la région d’Ejisu, un état clé du puissant Empire Ashanti.
À la fin du XIXe siècle, les Britanniques cherchent à étendre leur domination. Ils exilent le roi des Ashanti, Prempeh Ier, aux îles Seychelles.
Face à cette humiliation, les chefs locaux sont démoralisés et terrifiés. C’est dans ce climat de défaite imminente que Yaa Asantewaa va forger sa légende.
Qui est la reine du Ghana ?
Il est important de préciser que Yaa Asantewaa n’était pas la reine de tout le Ghana moderne mais la Reine Mère (Ohemaa) d’Ejisu.
Dans la tradition Akan, ce rôle est d’une puissance absolue.
L’Ohemaa n’est pas simplement l’épouse ou la mère d’un roi. Elle est la gardienne de la généalogie, elle possède le droit de veto sur le choix du chef, et elle est la conseillère suprême.
Quand les Britanniques ont sous-estimé son autorité parce qu’elle était une femme, ils ont commis une erreur stratégique fatale
Que veut dire Ashanti ?
L’Empire Ashanti était l’un des États les plus riches et les mieux organisés d’Afrique de l’Ouest.
Construit sur un formidable réseau commercial et d’immenses réserves d’or, le mot « Ashanti » évoque une alliance militaire puissante et une culture extrêmement fière.
Un empire bâti sur la même richesse en or qui avait fait la gloire de Mansa Moussa et de l’Empire du Mali deux siècles plus tôt.
Mais l’âme de cette nation ne résidait pas dans un territoire. Elle résidait dans un objet sacré : le Tabouret d’Or (Sika Dwa Kofi).
Selon la légende, ce tabouret massif en or serait descendu du ciel pour se poser sur les genoux du premier roi. Il contient l’esprit, la force et la survie de tout le peuple Ashanti.
Il est si sacré que même le roi n’a pas le droit de s’asseoir dessus.
Yaa Asantewaa guerre tabouret or : le sacrilège britannique
En mars 1900, le gouverneur britannique Frederick Hodgson commet l’insulte ultime : il exige qu’on lui apporte le Tabouret d’Or pour s’asseoir dessus.

Face à ce sacrilège, les chefs hommes se réunissent en secret hésitants, apeurés.
C’est alors que Yaa Asantewaa se lève et prononce un discours historique :
« Si vous, les hommes de l’Ashanti, n’y allez pas, alors nous le ferons. Je ferai appel à mes compagnes. Nous combattrons les hommes blancs jusqu’à la dernière. »
Joignant le geste à la parole, elle prend la tête d’une armée de 5 000 soldats pour déclencher la rébellion connue sous le nom de Guerre du Tabouret d’Or.
L’héritage de Yaa Asantewaa
Si elle fut finalement capturée et exilée aux Seychelles où elle mourut en 1921 son armée avait réussi l’essentiel.
Les Britanniques n’ont jamais pu poser les mains sur le Tabouret d’Or.
Aujourd’hui, Yaa Asantewaa est célébrée comme le symbole absolu de la résistance et de l’honneur africain. Son nom est porté par des musées, des universités et des prix culturels à travers toute l’Afrique de l’Ouest.
Une résistance qui rappelle celle de Béhanzin, le roi requin du Dahomey, qui combattit l’armée française à la même époque.
Comme Njinga Mbandi face aux Portugais, comme Abla Pokou face à l’exil elle prouve que les grandes figures de la résistance africaine portaient souvent une couronne de reine.
Yaa Asantewaa guerre tabouret or reste aujourd’hui l’une des résistances anticoloniales les plus symboliques de l’histoire africaine. Son courage a inspiré des générations entières de femmes et de militants à travers le monde, bien au-delà des frontières du Ghana.
Sources : DW, ADF Magazine — études historiques sur l’Empire Ashanti et la Guerre du Tabouret d’Or de 1900