Roi Behanzin Dahomey: c’est l’histoire d’un souverain qui a refusé de courber l’échine face aux puissances coloniales européennes, jusqu’au sacrifice ultime.
À la fin du XIXe siècle, sur les terres rouges de l’actuel Bénin, un homme a prouvé que la dignité d’un peuple ne se négocie pas.
Rapprochez-vous. Voici l’histoire tragique et glorieuse du roi requin.
Roi Behanzin Dahomey : qui était le roi requin ?
Né vers 1845 sous le nom de prince Kondo, il est le fils du puissant roi Glélé. Il monte sur le trône d’Abomey en 1889, à un moment critique où la France tente d’imposer son protectorat sur le royaume.
Lors de son couronnement, il prend le nom de Béhanzin et choisit un emblème fort : le requin.
Sa devise royale annonce immédiatement la couleur aux envahisseurs :
« Le requin courageux a troublé la barre. »
Face aux exigences territoriales françaises sur la côte, Béhanzin refuse catégoriquement de céder la souveraineté de ses terres. Il prépare son peuple à l’inévitable affrontement
Qui étaient les Amazones du roi Béhanzin ?
Pour défendre son royaume, Béhanzin s’appuie sur un corps d’élite unique au monde : les « Mino » — « nos mères » en langue fon — que les Européens appelleront, effrayés et fascinés, les Amazones du Dahomey.
Ces femmes guerrières étaient recrutées très jeunes, entraînées à endurer la douleur et vouées au célibat absolu.
Sur le champ de bataille, elles étaient souvent placées en première ligne.
Armées de fusils, de machettes et de lances, les Amazones préféraient la mort à la reddition. Lors des batailles contre l’armée du général français Dodds, elles infligèrent de lourdes pertes aux colons forçant le respect de leurs ennemis. Un courage féminin qui rappelle celui de Solitude la Mulâtresse, qui prit les armes enceinte contre Napoléon en Guadeloupe.

Béhanzin roi Dahomey résistance : pourquoi fut-il exilé ?
Malgré la bravoure des Amazones, le rapport de force technologique bascule. Les troupes françaises, équipées d’artillerie lourde et de canons modernes, finissent par prendre le dessus après de longs mois de guerre sanglante.
En 1892, les Français entrent dans la capitale, Abomey.
Refusant que ses palais et ses trésors sacrés ne tombent aux mains de l’ennemi, Béhanzin ordonne d’incendier la ville avant de se replier dans la brousse. Il mènera une guerre de harcèlement pendant près de deux ans.
En janvier 1894, comprenant que son peuple est au bord de l’anéantissement, le roi fait le choix héroïque du sacrifice. Il se rend volontairement pour stopper le massacre. Comme Toussaint Louverture qui se rendit lui aussi pour épargner son peuple à Saint-Domingue.
Les Français, terrifiés par son aura, l’exilent immédiatement en Martinique.
Où est mort le roi Béhanzin ?
Sur l’île de la Martinique, l’ancien souverain vit en résidence surveillée au Fort Tartenson.
Digne mais profondément meurtri par le mal du pays, il ne cesse de réclamer le droit de retourner mourir sur la terre de ses ancêtres.
En 1906, l’administration française accepte de le rapprocher du continent mais refuse de le laisser rentrer au Bénin, de peur d’un soulèvement. Il est transféré en Algérie, à Blida.
Épuisé et malade, le grand roi requin s’éteint quelques mois plus tard, loin des siens.
Il faudra attendre 1928 pour que la France autorise enfin le rapatriement de ses cendres. Aujourd’hui, Béhanzin repose en paix à Abomey.
L’héritage de Béhanzin dans la mémoire africaine
Béhanzin roi Dahomey résistance est aujourd’hui enseigné dans les écoles du Bénin comme un pilier de l’identité nationale.
Il incarne une vérité que l’histoire coloniale a longtemps voulu effacer : les peuples africains n’ont pas accepté la colonisation en silence. Ils se sont battus, avec les moyens du bord, contre des armées infiniment mieux équipées.
Comme Yaa Asantewaa face aux Britanniques, comme Njinga Mbandi face aux Portugais Béhanzin prouve que la résistance africaine fut héroïque, organisée et digne.
Son nom mérite d’être prononcé, transmis et célébré par chaque génération qui lui succède.
Sources : études historiques sur le royaume du Dahomey, la guerre franco-dahoméenne de 1892 et les Amazones du Bénin.