Ce conte africain Leuk Bouky est l’un des récits les plus célèbres de la tradition orale sénégalaise. Transmis par les griots depuis des générations, il met en scène deux figures emblématiques : Leuk le lièvre, symbole de sagesse, et Bouky l’hyène, symbole de cupidité. Un récit que les anciens racontaient au coin du feu.
Dans ce récit ancestral, il n’est pas seulement question de ruse, mais du respect sacré des traditions et des forces de la nature.
Une sagesse que l’on retrouve aussi dans les proverbes africains transmis au coin du feu depuis des générations
Une leçon intemporelle sur les dangers de la cupidité.
Le secret du Coq et la marmite magique
Tout commença en période de grande famine. Leuk le lièvre, cherchant de quoi se nourrir, décida d’accompagner un coq cultivateur dans ses champs.
Ce coq n’était pas ordinaire : il maîtrisait la science des anciens.
Arrivés devant un fleuve asséché, le coq invoqua les génies de l’eau. Par la seule force de ses paroles sacrées, le fleuve s’ouvrit pour les laisser passer. Leuk, émerveillé et respectueux, garda le silence.
Après une dure matinée de labeur, le coq offrit à Leuk un repas miraculeux. Il plongea lui-même dans une marmite d’eau bouillante, demandant à Leuk de soulever le couvercle dès qu’il crierait.
À l’appel du coq, Leuk obéit. La marmite était remplie d’une viande succulente, et le coq en ressortit indemne , récompensant le lièvre avec des plantes médicinales précieuses.
Leuk et Bouky : deux icônes du conte africain
De retour au village, Leuk raconta cette journée extraordinaire à Bouky l’hyène.
Affamée et aveuglée par la perspective d’un tel festin, Bouky se précipita chez le coq dès le lendemain matin.
Dès leur arrivée au champ, l’hyène montra sa vraie nature. Elle refusa de travailler la terre, se plaignant de la fatigue et réclamant immédiatement à manger.
Le coq, clément, accepta de reproduire le miracle de la marmite.
Mais la gloutonnerie de Bouky fut plus forte que tout. Lorsque le coq plongea dans l’eau bouillante et cria pour qu’on le libère, l’hyène bloqua le couvercle de toutes ses forces.
Rêvant de dévorer la volaille, elle laissa le pauvre coq mourir ébouillanté avant de l’engloutir.
Le châtiment du Fleuve Sacré
Rassasiée, Bouky reprit le chemin du retour. Mais elle avait oublié un détail crucial : le passage du fleuve.
Arrivée sur la rive, l’hyène arrogante tenta de prononcer la formule magique.
Au lieu d’invoquer les ancêtres protecteurs comme l’avait fait le coq, elle réclama le passage au nom des ancêtres ravageurs.
La morale de la savane
Les mots ont un poids, et la nature ne pardonne pas l’irrespect.
Le fleuve, fou de colère, quitta son lit et souleva des vagues géantes. Bouky l’hyène, alourdie par son festin volé et incapable de nager, fut engloutie par les eaux.

Ce conte nous rappelle une vérité fondamentale des anciens : les secrets traditionnels et les dons de la nature exigent du respect et de la patience.
Vouloir tout prendre par la force et la gourmandise finit toujours par nous consumer.
Le conte africain Leuk Bouky dans la littérature sénégalaise
Ce conte africain de Leuk le lièvre et Bouky l’hyène appartient à un cycle de récits bien plus vaste.
Ces deux personnages traversent toute la littérature orale sénégalaise et ouest-africaine. Leuk symbolise l’intelligence tranquille et le respect des forces invisibles. Bouky incarne la gourmandise et l’impatience les deux défauts que les anciens considéraient comme les plus dangereux.
L’écrivain sénégalais Birago Diop a immortalisé ces figures dans ses Contes d’Amadou Koumba, transmettant au monde entier la sagesse des griots de sa jeunesse.
Retrouvez Bouky dans une autre mésaventure : Le Conte du Petit Veau où l’ingratitude le conduit à sa perte.
Ce récit est issu de la tradition orale sénégalaise, portée par les griots depuis des générations. Leuk et Bouky sont deux figures emblématiques de la littérature africaine, popularisées notamment par l’écrivain Birago Diop.
Un commentaire sur « 1 »